Le 1er avril 2024, la loi sur la consommation de cannabis (KCanG) est entrée en vigueur en Allemagne, marquant un tournant fondamental dans la politique nationale en matière de drogues.
La réforme a légalisé pour les adultes la possession d'une quantité limitée de cannabis, l'autoculture de trois plantes maximum et la création d'associations à but non lucratif (clubs) pour la culture collective.
Deux ans après ces changements, le groupe de recherche du projet EKOCAN a publié son deuxième rapport intermédiaire, analysant l'impact des nouvelles règles sur le marché, l'ordre public et la santé publique.

Selon les données de l'étude, la part du cannabis provenant de sources légales a considérablement augmenté au cours des deux dernières années. Une tendance clé est le développement de l'autoculture : la part des consommateurs subvenant à leurs propres besoins grâce à leur propre récolte est passée de 5,4 % début 2024 à 21,4 % fin 2025.
Parallèlement, l'Allemagne a consolidé sa position de premier marché commercial légal de cannabis en Europe. En 2025, environ 200 tonnes de cannabis médical étaient en circulation. Cela a été facilité par l'entrée en vigueur d'une loi distincte (MedCanG), qui a simplifié l'obtention des ordonnances.
Les chercheurs notent que de nombreux consommateurs se sont tournés vers les produits pharmaceutiques, qui présentent souvent des concentrations élevées de THC (plus de 20–25 %), ce qui alimente les débats sur les risques potentiels pour la santé mentale.
En revanche, les associations spécialisées (clubs de cannabis) ne sont pas encore devenues un phénomène de masse. En octobre 2025, seuls 366 permis avaient été délivrés pour leur fonctionnement, répondant aux besoins de seulement 3,5 % des consommateurs.
La réforme a entraîné la dépénalisation la plus massive de l'histoire de l'Allemagne : des milliers de procédures pénales liées à la possession de petites quantités de cannabis ont été classées sans suite. Toutefois, les autorités signalent de nouvelles difficultés. La possession de cannabis n'étant plus un motif automatique de contrôle, il est devenu plus difficile pour la police de démanteler les structures du crime organisé.
Parallèlement, une augmentation des importations illégales a été enregistrée. En 2025, les services douaniers ont saisi quatre fois plus de cannabis de contrebande (principalement en provenance du Canada et des États-Unis) qu'avant la réforme. Cela démontre que le marché noir professionnel reste un concurrent sérieux face aux options légales.
Les chercheurs soulignent qu'il n'y a pas eu d'explosion de la consommation chez les jeunes de moins de 25 ans — les chiffres restent stables. Néanmoins, une « faille » est apparue dans le système de prévention : en raison de la dépénalisation, la police a cessé d'orienter les mineurs vers des programmes d'intervention précoce, qui étaient auparavant liés à la constatation d'une infraction.
Pour combler ce vide, les autorités continuent de développer des portails d'information sur la prévention destinés aux adolescents et aux parents. Le projet EKOCAN, financé par le ministère fédéral de la Santé, poursuivra son suivi jusqu'en 2028. Le rapport final devrait fournir une vision complète de la réussite de la réforme quant à ses objectifs principaux : affaiblir le marché noir et renforcer la sécurité des consommateurs.

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